Tout échec d’une action sociale ayant un bouc émissaire. Et, dans la plupart de cas, ce sont les enfants de moins de 15 ans. La rue les accueille à son tour pour les exploiter à outrance. Ils sont persécutés en esprit et en chair. Ils sont utilisés comme de chairs à canons par la classe bourgeoise.

C’est pour ces laissés pour compte que Roland Mahauden, le directeur de Théâtre de Poche de Bruxelles n’arrive pas à dormir sur ses lauriers. Il a initié des campagnes de sensibilisation contre cette exploitation abusive de l’enfant en partenariat avec la Délégation Wallonie Bruxelles et des structures congolaises telles que « Oser la vie », «L’Asadho» et « Le Centre ORPER ». Chacune de ses associations impliquées a dit un mot, au cours du point de presse mercredi dernier au CWB, qui résume l’appui à la démarche actuelle sur ce sujet en ces termes: « Si nous ne prenons garde, l’avenir du pays risque d’être sérieusement entamé car la jeunesse d’aujourd’hui est le gage de l’avenir du pays.»

Bukavu et Kisangani en ligne de mire
   
Vu l’urgence d’éducation de la masse, cette action de sensibilisation démarre dès ce 15 février prochain à travers les 24 communes de Kinshasa. Les villes de Bukavu et de Kisangani sont aussi concernées par cette tournée. Et, pourquoi ce choix? Parce qu’elles sont les plus impliquées avec les adverses guerres d’agression qui ont laissé beaucoup d’orphelins sur les rues. La plupart d’enfants étant rejetés par les familles proches pour cause de sorcellerie. Ainsi, contrairement à la campagne précédente, une seule troupe interprètera la mise en scène par ville. A Kinshasa, ça sera la CANACU (Communauté des amis de la nature et de la culture) alors qu’à Kisangani, le choix est tombé sur « TACCEMS »...

Un témoignage émouvant en prélude

Makaya Joceyline, 13 ans révolus, est un des enfants taxés de sorcellerie qui a témoigné des atrocités subis sur son parcours d’enfant orphelin de père. « Ma mère s’étant remariée, j’ai cru trouver le refuge dans le toit de mon parrain après que la maison de mon père soit confisquée par sa famille. Après un temps de vache grâce, la crise est venue encore nous frapper. Un de mes cousins est tombé malade. Et, lorsque les parents sont allés voir un pasteur, il leur a été indiqué que j’étais la porte ouverte au mal qui a favorisé le mauvais sort. J’étais obligée d’entrer en retraite de délivrance dans l’Eglise. La prière quotidienne devenait un sévisse. Je ne mangeais pas du tout. J’ai résolu de rentrer chez ma tante. Et, Fa galère a continué avec des soupçons sur mon état spirituel. Je suis revenue sur la pointe de pied chez ma mère qui ne supportait pas du tout mes souffrances. Mais, elle a demeuré impuissante face aux insultes et frappes de mon parrain. J’ai été finalement récupéré par un Centre à Kimuenza. Il s’occupe des enfants abandonnés (Au total 68 enfants y sont hébergés gratuitement). C’est ici que j’ai pu trouver un sommeil paisible jusqu’à présent!».

Un rôle merveilleusement interprété pour la traduction du message par l’actrice Carme Kapinga. L’émotion était tellement grande dans la salle que même Roland Mahauden, 70 ans de vie passée, n’a pu retenir ses larmes.

En somme, cette campagne mérite d’être soutenu par toutes entreprises étatiques et privées en RD Congo pour mettre fin à ces cris innocents. Un appel leur a été lancé dans ce sens de se joindre à l’équipe pour faire preuve de patriotisme et de l’amour pour le développement réel du Congo.

Eddy Kabeya

Source: digitalcongo.net