Travaillée mais non rémunérée, elle permet de dégager, grâce à une contribution acquittée par les employeurs, environ deux milliards d'euros par an pour aider au financement de mesures en faveur des personnes dépendantes, âgées ou handicapées.

Le tollé qu'avait suscité sa mise en place cacophonique en 2005 avait abouti à un assouplissement du dispositif: les partenaires sociaux dans les entreprises et les administrations ont obtenu la possibilité de choisir la date de cette journée. Et c'est seulement faute d'accord que la journée travaillée reste fixée au lundi de Pentecôte.

Résultat: près de six Français sur dix (59%) ne travaillaient pas lundi, principalement parce que leur entreprise ou leur administration était fermée, selon un sondage Opinionway-Relaxnews.

Pour la majorité des salariés du public (73%) et des cadres (54%), cette journée était chômée. Mais les Français "travaillant pour leur compte" (61%), les salariés du privé (52%), ainsi que les agriculteurs, artisans et commerçants (72%) étaient majoritaires à travailler lundi.

Dans le privé, certaines entreprises ont fait "cadeau" du lundi à leurs salariés, d'autres en ont fait une journée travaillée ordinaire.

A Air France, le trafic était normal et à la SNCF, comme celui d'un samedi. La Poste était fermée, la circulation des poids-lourds interdite. La plupart des musées étaient par contre ouverts.

Le flou qui entoure l'organisation de cette troisième journée de solidarité va pousser le gouvernement à évaluer "avant l'été" le dispositif, a annoncé lundi le ministre du Travail, Xavier Bertrand.

"Il y aura avant l'été, sous l'autorité du Premier ministre, une réunion avec les ministres concernés pour faire le point", a expliqué M. Bertrand, précisant qu'il s'agirait d'une "évaluation sans tabou, pour voir les points sur lesquels nous pouvons améliorer l'application du dispositif".

Le ministre a notamment évoqué l'accueil des élèves, surtout dans les écoles primaires. Les établissements scolaires sont fermés lundi, mais de nombreux parents doivent travailler.

"Que des enfants n'aient pas cours, c'est une chose, mais est-ce-qu'on peut au moins prévoir un accueil dans les écoles et surtout dans le primaire?" s'est-il interrogé. "Le sujet est le même dans les crèches", a relevé M. Bertrand.

M. Bertrand a toutefois expliqué qu'on allait "garder (cette journée de solidarité) car on en a besoin". Dénoncée par l'ensemble des syndicats, elle est même jugée insuffisante par les professionnels du secteur des personnes âgées.

Le président de l'AD-Pa (maisons de retraite), Pascal Champvert, a ainsi réclamé la tenue, autour de Nicolas Sarkozy, d'une "grande conférence nationale sur l'aide aux personnes âgées regroupant les pouvoirs publics, les partenaires sociaux et les acteurs du secteur pour mettre à plat les besoins d'aide dans le secteur".

Source: news.fr.msn.com