Tout le monde se souvient de l’affaire Marie Humbert qui a ému la France en mettant fin au bout de plusieurs mois de douleur aux souffrances de son fils.

Aujourd’hui le débat est relancé avec le procès qui s’est ouvert hier devant la cour d’assises de la Dordogne à Périgueux. Le Dr Laurence Tramois et l’infirmière Chantal Chanel sont accusées respectivement de complicité d’empoisonnement et d’empoisonnement après avoir mis fin en août 2003 à la vie d’une patiente atteinte d’un cancer en phase terminale, Paulette Druais, 65 ans. Les deux femmes encourent 30 ans de réclusion criminelle, la cour d’assises rendra son verdict vendredi soir.

Derrière ce verdict, cette toute la question sur l’euthanasie et sur la fin de vie qui est lancée. Le 24 septembre 2003, trois ans jour pour jour après l'accident de voiture de son fils, Marie Humbert avait injecté à Vincent, 22 ans, une dose de barbituriques pour mettre fin à ses jours comme il le lui avait demandé.

Vincent Humbert, tétraplégique, muet et presque aveugle après son accident, avait été plongé dans le coma avant que deux jours plus tard, le 26 septembre 2003, le Dr Chaussoy débranche son respirateur et lui administre une injection létale, causant son décès.

La mort du jeune homme, ancien pompier volontaire à Breteuil-sur-Iton (Eure), avait ému la France entière. Sa mère Marie Humbert avait quitté sa maison, son travail et s’était installé trois ans durant dans un petit studio en face de l’hôpital de Berck. Durant des mois et des mois, elle s’est rendue chaque jour au chevet de son fils et avec lui lutter contre la paralysie. Avec force et détermination, elle lui force à bouger les jambes, les bras, répète inlassablement avec lui les mouvements. Et puis la parole. Vincent ne prononce plus aucun mot, il se met à communiquer par l’intermédiaire d’un  doigt. En novembre 2002, il écrit au président et lui demande le "droit de mourir". Son livre écrit avec le journaliste Frédéric Veille "Je vous demande le droit de mourir" (éditions Michel Lafon) s'est vendu à plus de 350.000 exemplaires dans plus de vingt pays.
 
Le combat continue

Depuis l’affaire Humbert, des améliorations ont été apportées par les textes législatifs d’avril 2005 (loi Léonetti). “Elles sont insuffisantes”, jugent 2 000 médecins et soignants qui ont lancé dans “le Nouvel Observateur” de jeudi un appel en faveur de la dépénalisation de l’euthanasie. “Nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence”, déclarent-ils dans le manifeste. “Tous les soignants ne sont pas confrontés à ce drame”, expliquent les signataires, “mais la majorité de ceux qui assistent régulièrement leurs patients jusqu’à la mort, utilisent, dans les circonstances décrites, des substances chimiques qui précipitent une fin devenue trop cruelle, tout en sachant que cette attitude est en désaccord avec la loi actuelle”.

La décision de la cour d’assises de la Dordogne d’acquitter ou non le Dr Chantal Chanel et l’infirmière Laurence Tramois devrait être décisif sur le débat de l’euthanasie. A un peu plus d’un mois de l’élection présidentielle, le débat est relancé et tous les candidats à la présidentielle sont sollicités sur le sujet.

Source: topchretien.com