En soi, cette annonce ne constitue pas une révélation, puisque plusieurs tests réalisés ces dernières années en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en Allemagne ont déjà montré les faiblesses de ces sésames numériques.

Tous les passeports de ce type en circulation reposent sur le même principe. Pour accéder aux données sensibles, il faut lire les deux lignes optiques qui contiennent des informations comme le numéro du passeport.

Numéro du passeport, sésame numérique

Mais le cas belge présente deux particularités. Premièrement, le numéro peut être deviné facilement avec une faible marge d'erreur, puisqu'il est lié à la date de fabrication. Deuxièmement, les autorités ont déployé deux générations de passeports sans en informer le public.

La première série a été mise en circulation entre la fin 2004 et la mi-2006. « À la différence de la seconde version, la première ne présente aucun moyen de sécurité. Il n'est même pas nécessaire de connaître le numéro du passeport pour accéder au contenu de la puce RFID. Le problème, c'est que 720 000 passeports en circulation en Belgique sont de première génération et qu'ils sont valables jusqu'en 2010 ou 2011 », souligne Gildas Avoine. « Il n'y a pas de solution pour renforcer leur protection. Il faut soit les détruire et en produire de nouveaux, soit les enfermer dans une pochette métallique afin qu'ils ne puissent être lus électroniquement à distance ».

L'expérience belge pointe la principale faiblesse de ces documents : les données contenues dans la puce ne sont pas chiffrées. « C'est un peu comme s'ils avaient installé une porte blindée et mis la clé sous le paillasson ! », a précisé à News.fr, Adam Laurie, informaticien qui fut l'un des premiers à découvrir ces lacunes sur les passeports britanniques en 2005. Pourtant, le standard de l'OACI stipule la protection de ces données.

Le citoyen belge a donc de quoi s'inquiéter. Les informations consignées sur son passeport pourraient être happées à son insu par une personne malveillante. On imagine facilement le pire. Ces données pourraient être utilisées pour la production de faux papiers dans le cadre d'actions terroristes par exemple.

Malgré ces découvertes, aucune mesure n'a été annoncée pour le moment. La première décision à prendre serait d'attribuer des numéros de passeport aléatoires.

En France, une telle situation doit-elle être redoutée avec l'arrivée des passeports biométriques en 2009. Le ministère de l'Intérieur se veut rassurant. « Le premier passeport électronique (qui contient une puce comportant l'identité et la photo du titulaire) a été produit le 13 avril 2006. Plus de 2 millions de passeports électroniques ont déjà été délivrés à ce jour et aucune fraude ni aucune violation de la confidentialité des données numériques n'ont été constatées », indique-t-on. Parole d'État.

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